Ville Jean Moulin - Association des villes - qui lui rendent hommage - Chartres

Ville Jean Moulin
Association des villes
qui lui rendent hommage



Ville de Chartres

Le premier combat de Jean Moulin, préfet d'Eure-et-Loir

Chartres

Jean Moulin à Chartres

Le 21 février 1939, Jean Moulin prend ses fonctions de préfet d'Eure-et-Loir à Chartres. Âgé de 39 ans, il est alors l'un des plus jeunes préfets de France. Il arrive dans une période particulièrement troublée, quelques mois avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Dès la déclaration de guerre, en septembre 1939, il demande à être mobilisé dans l'armée de l'Air, mais le ministre de l'Intérieur refuse de se séparer d'un préfet qu'il juge indispensable. Jean Moulin demeure donc à Chartres, où il doit faire face aux difficultés croissantes provoquées par la guerre.

En mai et juin 1940, l'avancée des troupes allemandes provoque un immense mouvement d'exode. Des centaines de milliers de réfugiés traversent le département. Alors que les autorités et de nombreux responsables ont quitté la ville, Jean Moulin refuse d'abandonner son poste. Il organise les secours, le ravitaillement, l'hébergement des réfugiés et le maintien de l'ordre, dans une ville bientôt privée d'eau, d'électricité et de moyens de communication.

Le 17 juin 1940, les troupes allemandes entrent dans Chartres. Jean Moulin est arrêté par des officiers allemands qui veulent lui faire signer un document accusant à tort des soldats africains de l'armée française d'avoir commis des atrocités sur la population civile.

Le préfet exige des preuves. Les Allemands l'emmènent notamment à la gare de La Taye, où ils lui présentent les corps de victimes civiles qu'ils attribuent aux soldats français. Jean Moulin comprend que ces personnes ont été tuées lors d'un bombardement. Il refuse toujours de signer le document.

De retour à Chartres, il est enfermé dans le pavillon du concierge de l'ancien Hôtel-Dieu et soumis à de violentes pressions physiques et morales. Craignant de finir par céder sous les coups, il tente, dans la nuit du 17 au 18 juin, de se trancher la gorge avec un éclat de verre. Il est retrouvé grièvement blessé au matin et soigné par les religieuses de l'Hôtel-Dieu.

Cet épisode constitue le premier acte de résistance de Jean Moulin. Il le racontera dans un texte publié après la guerre sous le titre Premier Combat, témoignage essentiel sur ces journées dramatiques.

Après avoir repris ses fonctions le 22 juin 1940, Jean Moulin continue de servir la population d'Eure-et-Loir. Mais son indépendance d'esprit et son refus de se soumettre aux exigences du régime de Vichy conduisent à sa révocation le 2 novembre 1940.

Il entrera dans la clandestinité et rejoindra le général de Gaulle pour accomplir la mission que l'on connaît. Son premier combat, celui de l'honneur et du refus du déshonneur, avait commencé à Chartres.


Chartres rend hommage à Jean Moulin

La ville de Chartres a conservé de nombreux témoignages du passage de Jean Moulin et de son premier acte de résistance.

Au fil des décennies, Chartres a multiplié les initiatives pour rappeler le souvenir de Jean Moulin. Le Chemin de mémoire, créé en 2006, inscrit son mémorial dans un parcours plus large consacré aux grandes figures et aux événements de l'histoire contemporaine de la ville.

Les cérémonies commémoratives, les œuvres artistiques et les lieux historiques permettent ainsi de transmettre aux nouvelles générations le souvenir du préfet qui, le 17 juin 1940, choisit de défendre l'honneur de la France plutôt que de céder à la violence de l'occupant.


L'hôtel de Ligneris – Ancienne préfecture d'Eure-et-Loir.

L'hôtel de Ligneris – Ancienne préfecture d'Eure-et-Loir.

L'hôtel de Ligneris – Ancienne préfecture d'Eure-et-Loir

C'est dans cet hôtel particulier, siège historique de la préfecture, que Jean Moulin a exercé ses fonctions de préfet et qu'il a accueilli les premières troupes allemandes le 17 juin 1940.

Une plaque commémorative apposée à l'entrée rappelle cet événement. Le bureau qu'il occupait est également conservé dans la résidence préfectorale. Son mobilier, notamment son bureau de style Napoléon III, a été protégé au titre des monuments historiques en raison de son intérêt historique. Il est exceptionnellement accessible au public lors de certaines Journées européennes du patrimoine.

La rue qui longe l'ancien hôtel de Ligneris porte désormais le nom d'avenue Jean-Moulin, à la suite d'une décision municipale prise en 2025 et mise en œuvre en 2026.


Le mémorial du Glaive brisé.

Le mémorial du Glaive brisé.

Le mémorial du Glaive brisé – Esplanade de la Résistance

Inauguré en 1948, ce monument est l'un des premiers grands hommages rendus à Jean Moulin après la Libération.

Réalisé par le sculpteur Marcel Courbier, ami de Jean Moulin, sur les plans de l'architecte Michel Maunoury, il représente une main de granit rose surgissant du sol et serrant un glaive brisé.

Sur le mur situé à l'arrière figure une inscription rendant hommage à Jean Moulin, organisateur de la Résistance, héros et martyr, ainsi qu'à tous ceux qui le suivirent.

Ce monument rappelle le refus de Jean Moulin de déshonorer l'armée française et son premier combat face à l'occupant.


Conciergerie de l'ancien Hôtel-Dieu.

Conciergerie de l'ancien Hôtel-Dieu.

La conciergerie de l'ancien Hôtel-Dieu

C'est dans le pavillon du concierge de l'ancien Hôtel-Dieu, rue du Docteur-Maunoury, que Jean Moulin a été enfermé et torturé dans la nuit du 17 au 18 juin 1940.

Une plaque commémorative, apposée le 17 juin 1980, rappelle les circonstances de cet épisode et reproduit quelques lignes de Premier Combat.

Le bâtiment, témoin direct de cette nuit dramatique, est aujourd'hui un lieu particulièrement émouvant du parcours mémoriel chartrain.


La fresque Jean Moulin.

La fresque Jean Moulin.

La fresque Jean Moulin – Rue de l'Étroit-Degré

Réalisé en 2019 par le street-artiste anglo-australien Jimmy C., ce grand portrait mural représente Jean Moulin avec son célèbre chapeau et son écharpe.

Son regard semble se porter vers l'ancien bureau qu'il occupait à la préfecture. Cette œuvre contemporaine, située à proximité de la cathédrale, inscrit la mémoire de Jean Moulin dans le paysage quotidien de la ville et permet de toucher un public plus large, notamment les jeunes générations.


Le bas-relief du jardin de l'Évêché.

Le bas-relief du jardin de l'Évêché,
œuvre du sculpteur Vladimir Skoda.

Le bas-relief du jardin de l'Évêché

Au chevet de la cathédrale, dans les terrasses basses du jardin de l'Évêché, un bas-relief réalisé par l'artiste Vladimir Skoda a été inauguré le 17 juin 1990.

Cette œuvre propose une évocation artistique et symbolique de la personnalité de Jean Moulin. Elle témoigne de la volonté de la ville de faire vivre sa mémoire au-delà des seuls monuments traditionnels.