Maset de Jean Moulin
En 1940, Jean Mouilin presse sa sœur d'acheter le maset qu'elle a trouvé pour lui à Eygalières, dans les Alpilles.
Le 14 mai, il écrit à sa mère et à sa sœur :
"Laure a-t-elle pu aller voir le mas de La Lèque ? Qu'elle m'envoie un petit croquis et un plan succinct du maset visité."
Le 30 mai, il leur écrit à nouveau :
"Ainsi que je l'ai dit à Laure pour les dernières vacances, j'aimerais bien acheter le petit mas des Alpilles qu'elle a déniché. J'ai pris des bons d'armement, mais il me reste une vingtaine de mille francs d'argent liquide que je voudrais consacrer à cela.
En attendant d'avoir pris d'autres dispositions on pourrait facilement avoir une famille de 3 ou 4 réfugiés français ou une famille d'espagnols. Je suis bien placé pour trouver cela."
C'est finalement en septembre que Laure représentera son frère devant un notaire pour concrétiser l'achat de ce maset.
Après sa première rencontre à Londres avec le général de Gaulle fin 1941, Jean Moulin souhaite revenir en France au plus vite. Après plusieurs tentatives de parachutage repoussées en raison de mauvaises conditions météorologiques, une nouvelle tentative est programmée pour un parachutage dans une zone choisie par Jean Moulin lui-même, dans les Alpilles, à proximité du maset qu’il possède à Eygalières.
C’est ainsi que Jean Moulin, son officier d’opération Raymond Fassin et son radio Hervé Monjaret, sont parachutés sur les Alpilles dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942. L'avion de la RAF les largue au-dessus du village d'Aureille. De là, ils rejoignent Eygalières à pied. Jean Moulin et Raymond Fassin y passeront l'après-midi et la nuit. Ce fut le départ de la Mission Rex à l’issue de laquelle Jean Moulin réussit la difficile mission de rassembler les mouvements de Résistance de la zone sud au sein des Mouvements Unis de Résistance, prélude à la création de l’Armée Secrète.