Ville Jean Moulin - Association des villes - qui lui rendent hommage - Saint-Georges-sur-Eure

Ville Jean Moulin
Association des villes
qui lui rendent hommage



Ville de Saint-Georges-sur-Eure

La Taye, le premier acte de résistance de Jean Moulin

Vue aérienne du site de La Taye

Vue aérienne du site de La Taye.

Jean Moulin à Saint-Georges-sur-Eure

Le 17 juin 1940, Jean Moulin, préfet d'Eure-et-Loir, est conduit par les autorités allemandes au hameau de La Taye, sur la commune de Saint-Georges-sur-Eure. C'est là que se déroule l'un des épisodes fondateurs de son engagement : son refus de cautionner une accusation mensongère contre des soldats de l'armée française.

Trois jours auparavant, le 14 juin, des trains transportant des réfugiés avaient été bombardés par l'aviation allemande en gare de La Taye. Plusieurs civils avaient été tués. Les Allemands veulent alors faire porter la responsabilité de ces morts aux tirailleurs sénégalais de l'armée française, en exigeant de Jean Moulin qu'il signe un document accusant ces soldats de massacres et de violences contre la population.

Après avoir été brutalisé à Chartres, le préfet est conduit à La Taye, où les Allemands lui présentent les corps de victimes civiles. Jean Moulin comprend que ces personnes ont été tuées lors du bombardement du 14 juin. Il refuse de signer le document qui aurait déshonoré l'armée française et accrédité une accusation qu'il sait fausse.

Il est alors enfermé pendant plusieurs heures dans un cabanon voisin du café de la gare, au milieu des restes des victimes, et subit de nouvelles violences. Ramené à Chartres, il craint de finir par céder sous la torture. Dans la nuit du 17 au 18 juin, il tente de se trancher la gorge avec un éclat de verre. Retrouvé grièvement blessé, il survit à sa tentative de suicide.

Jean Moulin racontera ces événements dans son témoignage Premier Combat. Son refus de signer constitue son premier acte de résistance : il choisit de risquer sa vie plutôt que de participer à une machination et de trahir ses convictions.

Le nom de La Taye reste ainsi associé à un moment décisif de l'histoire de Jean Moulin, celui où le préfet, confronté à la violence et au mensonge, affirme sa détermination à défendre l'honneur de la France.


Laure Moulin à La Taye

Laure Moulin à La Taye.

Saint-Georges-sur-Eure rend hommage à Jean Moulin

La commune a fait du site de La Taye un lieu de mémoire consacré à cet épisode. Au fil des décennies, plaques, monument, fresque et parcours pédagogique ont permis de préserver le souvenir du refus de Jean Moulin et de le transmettre aux générations suivantes.


Le cabanon de La Taye

Le cabanon de La Taye,
photo Laure Moulin.

Le cabanon mémoriel et les plaques commémoratives

Le cabanon où Jean Moulin fut enfermé constitue le cœur historique du site. Une première plaque commémorative a été apposée sur l'ancien café de la gare en 1965. Une autre, inaugurée le 17 juin 1997, reproduit des extraits de Premier Combat, dans lesquels Jean Moulin explique les raisons de son refus.

Ces textes donnent à entendre les propres mots du préfet et permettent de mesurer le dilemme auquel il fut confronté.


Stele de La Taye

Stèle de La Taye.

Le monument de la porte brisée

Inauguré le 17 juin 1990, le monument conçu par Jacques Loire prend la forme d'une porte de pierre incomplète, évoquant l'enfermement et la souffrance. Sa structure brisée symbolise aussi le dépassement de l'épreuve et l'accès retrouvé à la liberté.

Une inscription rappelle que Jean Moulin, préfet d'Eure-et-Loir, refusa le 17 juin 1940 de déshonorer l'armée française. Cette œuvre constitue l'un des éléments majeurs du lieu de mémoire.


Fresque de La Taye

Fresque de La Taye.

La fresque « Mémoire d'un refus »

En septembre 2025, l'artiste Vincent Pascal a réalisé une fresque monumentale consacrée à Jean Moulin. Le portrait du résistant, les couleurs du drapeau français et la Croix de Lorraine composent une œuvre qui rappelle la violence de l'épreuve et la force de son refus.

La fresque évoque également les tirailleurs sénégalais, injustement accusés par les autorités allemandes. Elle invite à replacer l'épisode dans son contexte historique et à rendre justice aux soldats coloniaux qui combattirent pour la France.


Commémoration du 17 juin 2026

Commémoration du 17 juin 2026.

Un lieu de mémoire vivant, tourné vers les jeunes générations

La commune de Saint-Georges-sur-Eure entretient le souvenir de Jean Moulin par des cérémonies commémoratives, notamment chaque 17 juin. Le site a également été enrichi d'un parcours d'interprétation et de dispositifs numériques permettant aux visiteurs d'approfondir leur découverte.

En 2026, un projet pédagogique mené avec l'école élémentaire Jean-Moulin a donné naissance à plusieurs capsules audio réalisées par les élèves, avec le concours de leurs enseignants et de partenaires culturels. Ces récits abordent l'enfance de Jean Moulin, son parcours de préfet, son engagement dans la Résistance et les événements de La Taye.

À Saint-Georges-sur-Eure, la mémoire de Jean Moulin ne se limite donc pas à la conservation d'un lieu historique. Elle se transmet par les voix des enfants, les témoignages des habitants et les œuvres qui rappellent, aujourd'hui encore, le courage d'un homme qui refusa de céder au mensonge.